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Affaire Cambridge Analytica : les États demandent des comptes à Facebook

Période agitée pour Facebook des deux côtés de l’Atlantique. La liste des institutions qui demandent des comptes après le scandale Cambridge Analytica continue de s’allonger.

Un double front s’est ouvert en Allemagne. D’une part avec le ministère de la Justice et de l’autre, avec l’Office des cartels (Bundeskartellamt, équivalent de notre Autorité de la concurrence).

Ce dernier donne deux semaines à l’entreprise américaine – déjà scrutée dans le cadre d’une enquête sur la publicité en ligne – pour lui apporter des clarifications.

Il cherche tout particulièrement à savoir dans quelle mesure des données de citoyens allemands ont pu arriver dans les mains de Cambridge Analytica.

Son président Andreas Mundt craint notamment que Facebook ait commis des abus en matière de collecte d’informations à partir de sources externes à son réseau social.

De New York à Bruxelles

La ministre de la Justice Katarina Barley a rencontré, lundi, des représentants du groupe. Elle a obtenu des engagements de notification des utilisateurs touchés… et une estimation : « à peine 1 % » des 270 000 personnes ayant téléchargé l’app qui a permis les collectes incriminées étaient des Européens.

Le même jour, Vera Jourová a adressé un courrier à Sheryl Sandberg. La commissaire européenne à la justice réclame diverses précisions à la directrice des opérations de Facebook : comment les autorités compétentes seront-elles notifiées ? Se pourrait-il qu’il existe d’autres Cambridge Analytica ?…

Au Royaume-Uni, où l’homme à l’origine des révélations vient d’être auditionné, la Chambre des représentants souhaitait entendre Mark Zuckerberg. L’intéressé a, comme il l’avait laissé suggérer, décliné l’invitation, proposant d’envoyer témoigner Mark Schroepfer (directeur technique) ou Chris Cox (directeur produit).

De l’autre côté de l’Atlantique, plusieurs commissions parlementaires sont montées au créneau. La FTC (Commission fédérale du commerce) a fait de même. Dans le cadre de son enquête officialisée lundi, elle cherche à déterminer si Facebook a violé un accord à l’amiable portant sur l’obtention du consentement express de tout membre avant de rendre publics certains éléments du profil.

Les procureurs généraux de 37 États se sont ligués en parallèle pour faire pression. Leur lettre adressée à Mark Zuckerberg soulève plusieurs questions. Entre autres, la clarté des conditions d’utilisation à l’époque des faits et la mesure dans laquelle Facebook conservait la main sur les données collectées par les développeurs tiers.

Crédit photo : FACEBOOK(LET) via VisualHunt / CC BY

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