Placé en faillite moins d’un an après le lancement de sa plate-forme technologique destinée à agréger les offres de taxis, Karhoo va renaître avec le soutien financier de Renault.
Le groupe automobile prend, via sa branche RCI Banque, une part majoritaire au capital de Flit Technologies.
Cette holding a repris les activités de Karhoo à l’issue du processus de liquidation. Elle est dirigée par Nicolas Andine (diplômé de Polytechnique et de Mines Paris) et Boris Pilichowski.
Les deux associés avaient brièvement pris les commandes de Karhoo en octobre dernier après le départ du fondateur Daniel Ishag. Ils venaient d’apprendre que les quelque 200 employés de la société, répartis entre Londres, New York, Los Angeles, Miami, Singapour et Tel Aviv, ne seraient pas payés.
Moins de six mois s’étaient écoulés depuis le démarrage commercial de l’application mobile Karhoo, au Royaume-Uni. Les 80 000 chauffeurs alors dans la boucle n’y étaient pas entrés directement, mais à la faveur de l’intégration des services de sociétés de taxis.
Karhoo promettait à ces chauffeurs davantage de visibilité face à Uber et consorts, en échange d’une commission sur les réservations. Du côté des utilisateurs finaux, l’angle d’attaque était celui du comparateur de prix.
Renault semble partir sur la même approche, dans le cadre d’une exploitation à travers l’ensemble de son portefeuille de marques. L’investissement initial s’éléverait, selon des documents qu’à pu consulter TechCrunch, à 1 million de dollars, cette somme étant pour moitié destinée à rembourser les créanciers. Jusqu’à 15 millions de dollars supplémentaires pourraient être injectés à terme.
Le « nouveau Karhoo » repartirait avec une trentaine de salariés basés pour la plupart au Royaume-Uni. L’application ne sera relancée qu’une fois corrigées les faiblesses qu’ont pu déceler les administrateurs nommés dans le cadre de la liquidation. Notamment au niveau de la prévention des fraudes.
À en croire un ancien employé de Karhoo qui s’est confié au Financial Times, la société a souffert d’un « problème notoire de gouvernance ». Le quotidien financier évoque, entre autres, d’importantes dépenses immobilières et un procès intenté par un fournisseur réclamant plus de 600 000 dollars d’impayés.
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