Ventes d’actifs immobiliers et cession de chaînes de production, accords à haute teneur technologique et alliances de capitaux : Sharp explore toutes les pistes de relance dans le cadre de son plan de restructuration.
Après une première coupe sombre dans ses effectifs entre 2012 et 2013 (près de 10 000 postes supprimés), le groupe high-tech japonais projette une nouvelle réduction de masse salariale.
Au moins 5000 emplois seraient concernés à compter du mois d’avril, dont 3000 au Japon (sur environ 24 000 collaborateurs recensés à fin 2014) et 2000 dans le reste du monde (sur quelque 26 000 employés), sous la forme de départs en retraite anticipés.
A en croire une source dite « proche du dossier » par le quotidien économique Nikkei, Sharp orchestrerait également une ponction salariale de l’ordre de 1,5 % pour toutes ses équipes basées au Japon.
Plus d’un million et demi d’euros pourraient être investis dans cette nouvelle phase de restructuration portée par des objectifs à l’horizon 2017… et qui devrait faire l’objet d’une annonce officielle au mois de mai.
Confronté à la montée en puissance de la concurrence taïwanaise, conjuguée à une baisse générale de la demande pour ses produits (en particulier les panneaux LCD, qui constituent historiquement son segment de prédilection), Sharp a récemment émis un avertissement sur résultats. Des pertes à hauteur de 30 milliards de yens (230 millions d’euros) sont prévues sur l’exercice fiscal 2014 décalé, à conclure au 31 mars.
Le groupe tablait encore récemment sur un bénéfice de 30 milliards de yens. Sa restructuration a déjà impliqué un retrait du marché européen des téléviseurs et l’arrêt des activités autour des panneaux à énergie solaire aux Etats-Unis.
D’après Reuters, Sharp pourrait également quitter le business des TV en Amérique du Nord. Le journal nippon Yomiuri estime par ailleurs qu’une usine de fabrication d’écrans LCD au Mexique serait sur la sellette.
Sharp aurait aussi entretenu des discussions avec ses principaux investisseurs (dont Mizuho Financial Group et Mitsubishi UFJ) pour un renflouement ; la deuxième opération du genre après celle de septembre 2012 et ces prêts contractés à hauteur de 360 milliards de yens, soit près de 3 milliards d’euros au taux de change actuel.
Ces dernières années, Sharp a négocié plusieurs alliances capitalistiques avec des industriels. En tête de liste, Samsung et Qualcomm, qui ont successivement pris des participations à 3 % et 2,5 % du capital.
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