Ubisoft – Vivendi : préparatifs avant la confrontation en assemblée générale

« Nous nous portons bien sans Vivendi ». C’est, en substance, le message qu’Ubisoft fait passer sur une page Web qui promeut ses valeurs en tant que société indépendante.

La communication est subtile : l’éditeur de jeux vidéo ne fait aucune référence au groupe de Vincent Bolloré, qui monte progressivement à son capital, laissant planer le spectre d’une OPA.

Sur cette page « We are Ubisoft » (accessible à l’adresse weare.ubisoft.com et disponible en français sur noussommes.ubisoft.com), les chiffres abondent : 10 000 employés, 32 studios de développement, des titres à succès comme « The Division », qui a généré « plus de 330 millions de dollars de ventes » sur ses cinq premiers jours de commercialisation…

Ubisoft rappelle aussi ses initiatives dans l’audiovisuel avec sa branche Motion Pictures, qui travaille en partenariat avec 20th Century Fox, Nickelodeon, Sony Pictures Entertainment et Warner Bros Pictures. Non sans mentionner l’importance du numérique dans sa stratégie : 45 % des revenus devraient en être issus dans un horizon de trois ans.

Où en est Vivendi au dernier pointage ? D’après une déclaration de franchissement de seuil et d’intention communiquée à l’Autorité des marchés financiers, la maison mère de Canal+ détient, au 14 juillet 2016, 22,8 % du capital d’Ubisoft et 20,2 % des droits de vote.

Officiellement, il n’est toujours pas question d’une OPA (ce qui s’est passé au printemps avec Gameloft, autre place forte de l’empire vidéoludique de la famille Guillemot). Vivendi entend en l’occurrence « poursuivre ses achats en fonction des conditions du marché », tout en souhaitant l’élaboration d’une « collaboration fructueuse » avec Ubisoft… et une représentation au conseil d’administration « cohérente avec sa position actionnariale ».

Yves Guillemot, CEO et fondateur d’Ubisoft avec ses quatre frères, soutient que Vivendi n’est pas parvenu à démontrer les économies de fonctionnement qu’entraînerait un rapprochement des deux sociétés.

Pour protéger ses intérêts et ceux de ses actionnaires, la famille fondatrice envisage d’acquérir un bloc d’actions représentant jusqu’à 3,5 % du capital – sachant qu’elle en détient 9 % au dernier pointage, pour 15 % des droits de vote.

À l’approche de l’assemblée générale des actionnaires (29 septembre), la campagne se déroule aussi sur les réseaux sociaux, où plusieurs milliers de talents d’Ubisoft se mobilisent à travers une pétition à laquelle ils se sont joints en y ajoutant leur visage.

Crédit photo : Tinxi – Shutterstock.com

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